
Donner une maison de son vivant en Belgique, c’est transmettre un bien immobilier à un proche tout en organisant sa succession à l’avance. L’opération permet de réduire la base taxable au moment du décès, mais elle impose un passage obligatoire chez le notaire et le paiement de droits de donation qui varient selon la Région où réside le donateur.
Réforme wallonne 2028 : pourquoi certains dons de maison sont reportés
Un décret wallon du 5 décembre 2024 prévoit, à partir du 1er janvier 2028, une division par deux des taux de droits de donation immobilière en Wallonie. Les taux maximaux en ligne directe passeraient de 27 % à 14 %, et entre toutes autres personnes de 40 % à 20 %.
Ce changement crée une situation inédite. Des familles wallonnes envisagent de reporter leur donation immobilière pour bénéficier des nouveaux taux en 2028. Certains fiscalistes qualifient déjà la Wallonie de « nouvel eldorado fiscal » en matière de transmission immobilière.
Le calcul mérite d’être posé avec un notaire : attendre 2028 suppose que le donateur reste en bonne santé, que le bien ne perde pas de valeur, et que la loi ne soit pas modifiée d’ici là. Quand on aborde le sujet du don de maison à donner en Belgique, cette réforme wallonne change profondément l’arbitrage entre donner maintenant ou patienter.

Acte notarié et droits de donation immobilière par Région
Contrairement à un don d’argent qu’on peut effectuer par virement, la donation d’un bien immobilier exige un acte notarié. Pas de don de main à main possible pour une maison ou un terrain. Le notaire rédige l’acte, le fait enregistrer, et les droits de donation sont perçus à ce moment.
Les taux diffèrent selon la Région du domicile fiscal du donateur (pas selon la localisation du bien). Voici les grandes lignes actuelles :
- En Région wallonne, les taux en ligne directe vont de 3 % à 27 % par tranches, avec la réforme prévue pour 2028 qui divisera ces taux par deux.
- À Bruxelles, la règle de réserve de progressivité a été supprimée pour les donations d’immeubles faites depuis le 1er janvier 2016 : le bien donné ne sera plus ajouté fictivement au patrimoine successoral, même si le donateur décède dans les trois ans.
- En Région flamande, les taux en ligne directe commencent à 3 % pour les premières tranches et augmentent progressivement, avec un système propre de tranches et d’abattements.
Cette différence régionale signifie qu’un même don de maison peut coûter des milliers d’euros de plus ou de moins selon le domicile du donateur. Changer de domicile fiscal avant de donner est une stratégie qui existe, mais elle est scrutée de près par l’administration.
Donation avec réserve d’usufruit : rester chez soi après avoir donné
Vous donnez votre maison à vos enfants mais vous souhaitez continuer à y habiter. C’est le principe de la donation avec réserve d’usufruit. Le donateur conserve le droit d’occuper le bien ou d’en percevoir les loyers. Les enfants reçoivent la nue-propriété.
Au décès de l’usufruitier, l’usufruit s’éteint automatiquement. Les enfants deviennent pleins propriétaires sans repasser par une succession sur ce bien. Les droits de donation, déjà payés lors de l’acte notarié, ne sont pas dus une seconde fois.
Précaution sur la valeur déclarée
La valeur retenue dans l’acte notarié sert de base au calcul des droits. Sous-évaluer le bien expose à un redressement fiscal. Le notaire recommande généralement une estimation réaliste, parfois appuyée par un rapport d’expert, pour éviter toute contestation ultérieure.

Période suspecte de cinq ans : le piège des dons mobiliers liés à l’achat
Ce point passe souvent inaperçu. Un parent donne une somme d’argent à son enfant pour l’aider à acheter une maison. Ce don d’argent est un don mobilier. S’il n’est pas enregistré et que le donateur décède dans les cinq ans suivant le don, la somme est réintégrée dans la succession.
Les droits de succession, nettement plus élevés que les droits de donation, s’appliquent alors. Ce délai de cinq ans concerne les trois Régions pour les donations mobilières non enregistrées.
Enregistrer un don d’argent pour sécuriser la transmission
La solution consiste à faire enregistrer volontairement le don mobilier. Les droits de donation mobilière sont bien plus faibles que les droits de succession. Une fois enregistré, le don sort définitivement du calcul successoral, même si le décès survient peu de temps après.
En pratique, beaucoup de familles combinent deux opérations : un don d’argent enregistré pour financer l’apport, puis une donation immobilière notariée quelques années plus tard pour transmettre un autre bien. Chaque opération doit être pensée dans un plan global de transmission.
Donation tous les trois ans : une stratégie de fractionnement en Wallonie
En Région wallonne, les droits de donation immobilière sont calculés par tranches progressives. Fractionner la donation en plusieurs actes espacés de trois ans permet de repartir à zéro dans les tranches basses à chaque nouvelle donation.
Pourquoi trois ans ? Parce que la Wallonie applique la réserve de progressivité : si le donateur décède dans les trois ans, la valeur du bien donné est ajoutée fictivement à la succession pour déterminer le taux applicable. En espaçant les donations de plus de trois ans, chaque tranche repart du bas du barème.
Cette technique a un coût (frais de notaire à chaque acte) et suppose que le donateur vive suffisamment longtemps. Elle reste pertinente pour les patrimoines immobiliers importants, mais n’a pas d’intérêt pour une maison de valeur modeste donnée en une seule fois.
À Bruxelles, cette stratégie a perdu de son utilité depuis la suppression de la réserve de progressivité en 2016. En Flandre, les règles de calcul suivent un mécanisme différent que le notaire détaillera au cas par cas.
Un don de maison en Belgique ne se résume pas à signer un acte. Région du donateur, réforme wallonne de 2028, réserve d’usufruit, période suspecte de cinq ans pour les dons d’argent : chaque paramètre modifie la facture fiscale. Le notaire reste le seul professionnel habilité à rédiger l’acte et à chiffrer précisément les droits dus selon votre situation familiale.